L’allumeuse (la p’tite conne)

Tes cheveux, j’aurais mis des ciseaux dedans.

Tu te trouves cool de chez cool avec ton rouge à lèvre trop foncé pi ta p’tite veste de faux cuire. T’es clichée, tu m’énarves. T’as même pas besoin que personne te trouve cool pi chix pour te penser cool pi chix ça fait qu’au final tu dégages le cool-chix pi tout le monde le pense. Tu te penses au-dessus de c’te monde-là surtout pi tout ce qu ils ont t’appartient. Genre mon ex dans le temps que c’était encore le mien. Tu m’énarves, jt’haïs.

T’as zéro amies de filles, tu t’en étonnes pi t’en ris avec les garçons-à-tes-pieds en leur disant que les filles anyways c’est bin trop compliqué. Sérieux, c’pas tant compliqué, mais t’es peut-être juste conne. Laisse-moi t’expliquer. Tu stabs dans le dos le monde, ils finissent par partir. Pi t’haïr. Simple simple simple. Tu te tiens juste avec des gars pi quand y’en a un qui finit par sentir que t’es aussi fake que ton manteau de cuir, tu lui mets ta langue dans l’oreille à un party entre deux white russian. Ça lui excite le bas-cerveau pi il oublie que t’es sûrement juste une p’tite garce. Tu m’énarves avec tes white russian juste pour impressionner le monde. Ton rouge à lèvre de sorcière déborde de partout, t’es loin d’être fancy. Mais tu m’énarves encore plus quand tu cales les Pabst pour être one-of-the-boys. T’as dû te pratiquer dans ton sous-sol, j’sais pas. J’catch pas où t’as pogné ta casquette des expos pi depuis quand c’est cool de mettre ça avec une robe-noune, mais toi t’as catché qu’la testostérone aimait ça. T’es sneaky en maudit avec tes toutes tes skills de fille qui s’pense cool-chix.

Des fois, pour avoir l’air encore plus cool devant les gars-cerveau-de-pénis, tu fais semblant d’être bi. Mais ton orientation sexuelle est trop caméléon pour être crédible, t’a changes aussi souvent qu’y’a de chums de tes « amies » sur ta liste de conquêtes coïtales. Tu joues la nice-full-aventure, tu french une lesbienne pour exciter les p’tit zizis pi tu te fous pas mal de briser l’cœur d’une fille-aux-filles-pour-vrai au passage. Tu brises le cœur des filles, tu brises le cœur des gars.

Tu joues à la marelle sur le cœur des gens pi tu t’en fous où tes roches tombent.

Tes cheveux foncés-couleur-ton-rouge-à-lèvre, j’aurais mis les ciseaux dedans. J’en aurais fait des cordes à danser pour toutes les filles que t’as pu faire chier. On serait en forme, ça nous ferait un méchant gros party de solidarité féminine, des mots que tu connais pas. J’te les épellerais bin, mais tu t’en souviendrais pas. Ça sert à rien.

Tu m’énarves à être partout pi à rire plus fort que tout le monde pour qu’on ait pas l’choix d’le savoir en maudit que t’es partout. Tu manques pas une soirée, tu manques pas une occasion d’aller brûler des relations humaines. J’certaine que dans ta chambre avec des posters de bands que personne connaît t’as une liste de futurs sabotages pi tu passes tes soirées, après les soirées où t’es allée où tout le monde t’a vue où tout le monde-gars t’a voulue, à faire des plans pour être la plus méchante possible. C’est sûr que ça t’amuse. Autrement j’vois pas pourquoi tu continues à le faire. T’as dû couler ta maternelle, à prendre les trucs des autres pi à détruire leur château-de-carte-de-vie. Ou la passer hands down, à vouloir toute partager de même. Question de perspective. Chose certaine, c’est sûr que t’aimes ça, rentrer dans la tête des gens pi foutre la marde.

Dans les soirées où t’es partout, tu prends les cigarettes des uns, tu te fais allumer par d’autres, pi tu joues à l’allumeuse. T’es une femme-cigarette. C’t’un rôle qui te va mal, mais trop bien. J’ai juste hâte que tu t’éteignes pi que tu sois juste une p’tite butch histoire qu’on t’écrase du bout du pied pi qu’on puisse respirer un air respirable dans les partys. T’es toxique. Toxique pour l’œstrogène.

En passant, j’te vois rôder devant les nouveaux qui viennent d’arriver. Pi t’avancer d’une rangée à chaque show. J’te laisserai pas monter sur le stage cette fois-ci ma pas-fine. Tu voleras pas de spotlight avec tes yeux toutes beurrés de noir, ton rouge-à-lèvre goudron-chimique pi ta veste de cheap-cuir. Je la connais trop ta game de p’tite cool-chix-conne, pi tu les connais pas assez tes nouvelles cibles. Ils fument pas, ils s’en fouttent des white russian pi ils seront pas intéressés par tes skills de callage. Sont plus vieux, j’pense qu’y’en ont vu d’autre. C’pas ton crowd.

Que j’te pogne à te transformer en femme-cigare-classe pour t’adapter.

Autrement, j’vais te mettre des ciseaux dans les cheveux, ma maudite.

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