J’suis pas ta moitié.

« Joyeux anniversaire ma douce moitié »

« À ma tendre moitié, pour son anniversaire »

« Des souhaits d’anniversaire à la personne qui me complète. »

Mon bel amour, je voulais t’acheter des souhaits d’anniversaire préfaits, parce que t’es gêné de lire mes déclarations de 10 pages quand tes parents attendent que tu souffles tes bougies. Je te comprends. Mais au final je pense qu’Hallmark c’est pire encore. Les cartes de fête ont un problème. L’industrie de l’amour commercial est malade par en dedans. À la lumière de ce que j’ai lu aujourd’hui, il faut que je te dise…

J’suis pas ta moitié.

C’est important que tu le saches. J’étais quelqu’un avant de te rencontrer, j’ai mené une vie bien remplie. J’ai partagé mon cœur avec d’autres humains avant de le mettre entre tes mains. J’ai aussi appris à être seule et à être bien avec moi-même. C’est pas toujours facile, c’est sûr. C’est un travail de tous les jours et des fois j’aimerais que ce soit les autres qui me définissent, toi surtout. Des fois j’ai pas envie de prendre un miroir et m’examiner l’existence. Mais d’ordre général, par contre, je le fais. Parce que je sais que je suis toujours capable de m’améliorer en tant que personne et que j’aspire à devenir le meilleur de moi-même. Je n’ai besoin de personne pour respirer. J’étais quelqu’un avant de te rencontrer, et je serai quelqu’un après aussi, si la vie nous amenait à ne plus être ensemble. Je t’aime, mais je n’ai pas besoin de toi.

À lire toutes ces cartes de fête je me dis qu’il y en a une coupe qui doivent vivre des relations problématiques. Je ne suis pas ta moitié et tu n’es pas la mienne. Il est temps de briser ce mythe réducteur du couple tel qu’il est présenté dans les cartes des magasins, dans les chansons, dans les téléséries, dans les films. On n’est pas des fractions de nous-même sous prétexte qu’on s’aime. Je ne veux pas que tu te sentes moins qu’une personne entière avec moi et je ne veux pas me sentir vide quand tu n’es pas là. Je n’ai pas envie qu’on s’accroche à nous deux comme des bouées de sauvetage, c’est pas ça l’amour. Je ne veux pas de cet amour de cartes de fête désespéré qui nous laissent croire qu’on a besoin de l’autre pour être aimé. L’amour ça part de soi, pour soi et c’est en s’aimant beaucoup qu’on finit par aimer l’autre tout autant.

Je ne suis pas ta moitié et je ne le serai jamais je me respecte trop pour ça. Je refuse d’être une moitié de la femme en entier que je suis et si tu veux être avec moi il te faudra me prendre comme ça. Je ne veux pas qu’on se réduise l’un l’autre au point d’avoir besoin de nous pour se sentir complet. Si hallmark tient à faire des maths, qu’il se mette à faire des additions plutôt que des divisions. Je veux qu’ensemble on soit plus grands que nous, qu’à deux on fasse trois. Toi, moi et nous. On n’est pas deux demis d’un tout on est bien plus que ça. Ensemble on est davantage que ce que l’on pourrait être seuls, on ne se soustrait pas les potentiels on fait de notre couple quelque chose d’exponentiel. Franchement, on s’est trop donné l’un l’autre pour se réduire à des petites mathématiques.

Promets-moi qu’on ne se rendra pas là. Qu’on ne deviendra pas ces amours de carte de fête des gens qui ont perdu leur individualité à force de trop mal s’aimer. Qu’ensemble on sera plus fort, mais qu’on se rappellera toujours qu’on a été avant d’être nous. Qu’on se rencontrera dans nos intersections et nos points commun mais qu’on cultivera aussi des intérêts qui nous sont propres, qu’on aura toujours quelque chose de nouveau à se raconter pendant le souper. Promets-moi aussi qu’on ne se prendra jamais pour acquis au point de considérer nos existences liés à la hanche. Qu’on ne se fondra jamais l’un dans l’autre. Qu’on sera reconnaissant de tous les petits moments qu’on n’est pas obligé de s’accorder, au fond. Promets-moi qu’on encouragera l’autre à miser sur ses forces, à travailler sur ses faiblesses et qu’on se laissera le temps et la liberté de le faire. Promets-moi que notre couple se dansera comme un tango et qu’on sera fier de l’autre dans ses solos.

Hallmark est malade, mais il me donne envie qu’on soit meilleurs que lui.

Je nous souhaite qu’on accorde toujours de la valeur aux personnes qu’on a été avant de se connaître, et aux personnes qu’on pourrait très bien être si on en venait à ne pas prendre soin de nous et à vivre l’un sans l’autre. On n’est pas moins que rien parce qu’on s’aime au contraire. Je n’ai pas besoin de toi, et tu n’as pas besoin de moi. Ce qui est beau dans tout ça c’est que même si on n’a pas besoin de nous, on refait le choix tous les jours d’être ensemble et ça c’est mieux que de se prendre chacun pour la moitié de quelque chose qu’on a construit et qui n’existerait pas si on ne efforçait pas à le solidifier tous les jours.

Pour ta fête, je te promets de ne jamais te considérer pour moins que ce que tu es parce que je reconnais tout le travail que tu as fait sur ta personne avant d’en arriver là où tu en es et je reconnais la valeur ajoutée que tu apportes à toutes les vies qui ont la chance d’être touchée par toi. Tu ne seras jamais moins que cet homme entier, beau et bon de l’intérieur comme de l’extérieur, de qui je suis tombée amoureuse dans les premiers instants.

Joyeux anniversaire mon soleil

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